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Laure, une abonnée engagée DE_test

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Laure Tettamanti-Bassin
Laure Tettamanti-Bassin, coordinatrice de l'association depuis mars 2021

Notre Panier Bio. Avec ces trois mots, tout est dit. C’est pour ces valeurs que j’ai la chance d’être la nouvelle coordinatrice de notre association et d’avoir ainsi la possibilité de m’engager davantage auprès de Notre Panier Bio.

Trois mots qui en disent long.

Le terme « Notre » réunit des notions de terroir, de territoire, d’ancrage local.
Le mot « Panier » représente un récipient, ouvert sur l’extérieur, qui accueille ce qui a été cueilli et développé avec soin et passion. Il évoque également un contenant tressé, où les brins s’imbriquent pour former de subtils motifs.
Quant au « Bio », il fait allusion au respect de la nature, de la vie et de l’être humain, à la durabilité et à un mode de vie sain.

C’est pour ces valeurs que j’ai la chance d’être la nouvelle coordinatrice de notre association et d’avoir ainsi la possibilité de m’engager davantage auprès de Notre Panier Bio.

Portrait

Archéologue de formation, avec une spécialisation dans l’étude des derniers chasseurs -cueilleurs et des premiers agriculteurs de Suisse et d’Europe entre 6000 et 5000 avant Jésus-Christ, je trouve essentiel les réflexions que nous apporte cette discipline. En posant un regard sur les transformations des modes de vie de nos ancêtres, l’archéologie nous montre la diversité des chemins d’évolution de l’humanité. Elle nous offre l’espoir d’une nouvelle voie pour notre société en mutation.

En effet, mes recherches autour du passage d'une économie de chasse et de cueillette vers une économie d'agriculture et d'élevage mettent toujours plus en évidence l’extraordinaire capacité d’adaptation des populations humaines. Pour tous les sites archéologiques étudiés dans ce contexte de transition, j’observe une réponse locale à la nouveauté, une adaptation mêlant, dans des proportions différentes, les nouvelles conditions et la tradition en fonction de la situation régionale. Face aux mutations actuelles de notre société, je trouve l’éclairage du passé particulièrement pertinent.

Quelle qu’ait été l’importance des changements – climatiques, économiques, spirituels, structurels –, des migrations et/ou des modifications globales des sociétés, les populations anciennes que j’ai étudiées ont su trouver des solutions à la fois innovantes et adaptées à leurs régions.

Ainsi, l’enrichissement que m’apporte l’archéologie est évident, mais je ne me sentais jusqu’ici pas parfaitement comblée par cette activité professionnelle qui n’offre pas de possibilité d’agir directement pour notre environnement et pour notre quotidien. Le patrimoine naturel a pour moi autant de valeur que le patrimoine culturel. Il me manquait par conséquent un réel ancrage dans le présent, et, étant jurassienne d’origine, un « enracinement » dans le territoire fribourgeois actuel. Pour mon présent et ma région, je cherchais une activité qui m’apporte davantage de sens, tout en restant liée à la terre.

Pour l’archéologue que je suis, je considère que le lien à notre terre (et à notre Terre) est fondamental. Celle-ci nous livre une histoire, un passé, une identité... Cependant, la terre est également source de renouvellement, de curiosité, d’ouverture… Par exemple, pour la femme éprise de voyages que je suis, la terre est découverte, un monde féérique, comme ces poussières d’Afrique à l’odeur de vanille ou ces terres volcaniques aux milles contrastes. Pour la femme que je suis tout simplement, la terre, le sol, est d’abord un précieux don qui nous est fait, à respecter, mais aussi un monde fantastique où la magie s’opère lors du processus de création de l’humus et où des merveilles se réalisent quand les plants de mon jardin poussent. La terre est également un bonheur perceptible par les sens, lorsque je lis, assise dans l’herbe. Finalement, pour la nouvelle coordinatrice que je suis désormais, la terre, mais aussi le terroir, soit son potentiel d’exploitation respectueuse, sont à valoriser. Avec de nouveaux modèles de circuits courts à promouvoir comme celui de Notre Panier Bio, la terre est surtout actuellement un avenir possible pour notre descendance et un présent acceptable pour nous.

Réunissant à la fois des valeurs qui me touchent profondément et me permettant d’œuvrer activement pour la promotion de ce terroir qui me tient tant à cœur, mon nouvel engagement auprès de Notre Panier Bio m’enchante. Tout en relevant les défis qui se présentent pour valoriser une agriculture de proximité dans un esprit de communauté, je me réjouis de rencontrer tous les acteurs·trice·s – producteurs·trice·s et consommateurs·trice·s – qui font vivre ce réseau porteur de nourritures substantielles et spirituelles, de valeurs, d’échanges humains et de fantastiques produits régionaux à (re)découvrir.

Laure Tettamanti-Bassin, avril 2021

Laure l'archéologue

Pour davantage d’informations sur les derniers chasseurs-cueilleurs de Suisse, Laure l'archéologue vous invite à consulter un ouvrage numérique publié par le Service archéologique de Fribourg en 2020 et qui concerne, notamment, l’abri sous roche d’Arconciel/La Souche, situé dans le canyon de la Petite Sarine. Ce dernier livre des informations d’importance internationale pour ces questions de transformation des modes de fonctionnement de chasse et de cueillette vers l’agriculture en Europe.