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Jacques Rime : un artiste enthousiaste de Notre Panier Bio

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Jacques et Sylvie
Jacques Rime et Sylvie devant leur petit paradis

Nous sommes fans du Panier Bio, c’est à chaque fois une petite fête de le recevoir ! …et quel bonheur d’avoir pu collaborer avec vous !

Rendez-vous « nature » chez Jacques Rime

Imaginez un après-midi de neige. Montons une petite route sinueuse qui nous mène à leur petit chalet en Gruyère, blotti  paisiblement au milieu de la nature et laissons-nous accueillir par la douceur d’un feu de cheminée et par la chaleur de nos hôtes.

« Nous sommes fans du Panier Bio, c’est à chaque fois une petite fête de le recevoir !  »  nous disent-ils en chœur, « …et quel bonheur d’avoir pu collaborer avec vous ! » Depuis quelques années, les membres fidèles à Notre Panier Bio reçoivent un petit cadeau accompagné d'une magnifique carte réalisée pour nous par le peintre animalier le plus connu de la région.

Suivons l’artiste qui nous guide tout d’abord en bas d'un escalier, vers le local des archives, où sont classés par date tous les croquis de terrain. C’est l’occasion d’ouvrir quelques dossiers et de parcourir les nombreuses esquisses au crayon. Chaque croquis évolue au fil des étapes, affinant une attitude, relevant un détail. Et chaque dessin cache une histoire. Celle en Slovénie, par exemple, où le couple passionné se cachait dans des affûts en bois fermés, munis de hautes cheminées afin que les odeurs montent et ne trahissent pas leur présence. L’attente. L’observation du décor. La rencontre, inoubliable, avec les ours bruns. L’émotion.

Puis ce sont les îles du Spitzberg, tout au nord. Changement de décor. Découverte des morses émouvants dans leurs échanges, de divers oiseaux – macareux, fulmars - de rennes majestueux… Ce sont les croquis de ces nouveaux sujets qu’il faut apprivoiser sous la mine du crayon. C’est l’émerveillement devant un phoque à moustache immortalisé sur papier. Puis, celui qu’on attendait est là. Très loin tout d’abord, il se confond avec la longue épaisseur de glace. Il flaire, il plonge, il nage sans remous. Puis, plus rien. Il a disparu sous l’eau. Le calme. Soudain surgit brusquement l’ours blanc à travers une fissure de la glace, proche de notre phoque moustachu, qu'iltente d'attraper par un coup de patte rapide. Raté. La proie a pu s’échapper. A la surface de l’eau sort tantôt la tête du phoque, tantôt celle de l’ours. Chacun part de son côté. C’est ensuite la scène magnifique où le plantigrade se sèche en se frottant dans la neige, se laissant observer à loisir sous toutes les coutures... Enfin, c’est ce magnifique renard qui marche dans les immenses traces laissées par notre chasseur malchanceux…

Des anecdotes, il y en a tant ! Jacques commence, Sylvie complète, leurs yeux pétillent comme le feu dans leur cheminée. Les voyages bien sûr. Mais aussi les moments chez soi, simples, où l’on boit son café dans la cuisine en observant par la fenêtre les fantaisies des écureuils, tout aussi précieux. Un autre dossier émerge : les animaux de la région défilent page après page. Silhouettes de blaireaux, de renards, d’escargots…

… Puis l’artiste nous ouvre son coffre-fort ! Nous sommes privilégiés d’y découvrir ses cahiers avec toutes les notes de terrains prises lors des veilles : les heures, les bruits, les rencontres. De plus sont rangés de nombreux classeurs consacrés à son animal fétiche : le lynx… Et voici les tout petits carnets, de ceux qui tiennent dans la poche et qu’il peut compléter à tout moment au crayon et colorer le soir à la maison avec des nuances d’aquarelle, petits trésors manuscrits richement illustrés.

Changeons de pièce et rendons-nous à l’atelier, très éclairé grâce aux grands vitrages, avec vue sur la campagne. A l’entrée, des moulages de traces de pattes et des sculptures. Au fond, la table à dessin munie de pinceaux, de crayons, de toutes sortes d’instruments. Jacques Rime est actuellement occupé à préparer des petites gravures qu’il imprimera au moyen d’une magnifique presse munie d’un grand rouleau qui trône au milieu de la salle.

On sonne à la porte ! C’est la livraison du bois de feu par le jeune voisin agriculteur. On quitte l’antre de l’artiste et on monte pour partager un thé préparé par Sylvie. Moment convivial où l’on apprend que le petit Jacques a commencé à dessiner en imitant ses frères aînés et c’est surtout avec son frère René qu’il a appris. Afin d’acquérir une profession, il s’est formé comme sellier-tapissier. Désirant pouvoir vivre de sa passion pour le dessin, il a dû au début trouver du travail à côté pour tourner. A l’époque, c’était chose aisée, soit dans son métier ou comme facteur... Comme il n’a pas eu l’occasion d’étudier les Beaux-Arts, sa grande chance a été de côtoyer Germaine et Robert Haynard, tous deux artistes aux multiples facettes et passionnés notamment par les animaux sauvages.

Encore une petite anecdote pour la fin. Un conte de Noël. La nuit était magnifique en ce 24 décembre 2015. Sylvie et Jacques avaient choisi de veiller et de dormir dehors. Ils ont passé le cap de minuit en compagnie des cerfs. Ce furent donc trois daguets, magnifiques, et deux biches qui animèrent leur veillée sous une lune superbe et pleine. Leurs bois brillaient, ils étaient paisibles. A l’horizon, le chalet des Clés laissait échapper une petite lumière. En dessus, Jupiter brillait de tous ses feux. Ce fut leur étoile de Noël sur l’étable. Magique. Le lendemain matin, au lever du soleil, le pré était givré et, de la forêt, une chevrette de chevreuil apparut entourée de deux jeunes qui faisaient les fous, cabriolaient, inspirant vraiment la joie !

 «Lors de nos veilles, les bêtes sauvages nous font grandir, nous apprennent à vivre. Quelle chance inouïe de pouvoir vivre ça, quelle liberté luxueuse ! Nous sommes reconnaissants à la Vie. »

Alors, chers fidèles membres du panier, si vous recevez la carte de Jacques Rime, accueillez-là comme un précieux hommage à la nature. L’artiste a donné vie avec tendresse à un écureuil qu’on voudrait apprivoiser et, pour celui-ci, les noisettes, les noix, les faines sont les denrées d’un panier bio nature sur mesure 

Christine Ruffieux, le 16 janvier 2016

Une vie en extérieur

Lors de nos veilles, les bêtes sauvages nous font grandir, nous apprennent à vivre. Quelle chance inouïe de pouvoir vivre ça, quelle liberté luxueuse ! Nous sommes reconnaissants à la vie.